Le 10 août 1792 : la Chute de la Monarchie.

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Le 10 août 1792 : la Chute de la Monarchie.

Message  Bart le Sam 1 Oct - 10:22

Le 10 août 1792 marque un tournant dans l’histoire de la monarchie française, Louis XVI est déchu de son trône. Dans la nuit du 9 au 10 août, Paris est dans une tension insoutenable, les sections agitent pour porter un coup fatal à la Monarchie. Que s’est-il donc passé ?

Huit jours auparavant (vers le 1er août) le Manifeste de Brunswick (élaboré par les émigrés) se répond dans la Capitale, menaçant d’une exécution sommaire si Paris fait la moindre violence à la famille royale et exige que les autres départements déposent leurs armes et ouvrent la frontière aux armées prussiennes. Les journaux monarchistes applaudirent cette déclaration. Dans les quartiers populaires de Paris la tension est à son comble : ainsi on ose menacer la Révolution au nom de Louis XVI! Ce manifeste maladroit va échauffer les esprits et met en évidence la complicité du Louis XVI et de Marie-Antoinette (c’est elle qui a encouragé l’envoi de cette déclaration) : 47 sections sur 48 réclament la déchéance du Roi, la nomination des nouveaux ministres et l’élection d’une nouvelle Convention.

Robespierre, Danton et Marat (qui sont alors non députés car on est sous la Législative) appuient les désirs des sections et poussent à l’insurrection. Toute la journée du 9 août, les sections et les faubourgs excitent le peuple parisien : le mot d’ordre est d’envahir les Tuileries où la famille royale y réside. La nuit du 9 août sera une nuit agitée, la Commune insurrectionnelle est née, elle a investi du pouvoir de la rue et empiète sur le pouvoir en cours, la Législative n’a plus aucun contrôle et n’est plus que l’ombre d’elle-même. Vers 7 heures du soir la Commune sonne le Tocsin à travers la ville, les rassemblements des émeutiers (dont les marseillais en tête) se grossissent et se dirigent vers les Tuileries. Au Château de Tuileries, quelques neuf cents suisses et une poignée de gentilshommes défenseurs de la Monarchie se portent volontaires pour défendre le château mais leurs nombres sont insuffisants face aux émeutiers violents, bien décidés à en finir avec Louis XVI. Mandat, commandant de la garde Nationale, essaye bien que mal de rassembler quelques canonniers pour repousser les émeutes, mais vers 11 heures du soir, il sera mandé par la Commune, destitué de ses fonctions et assassiné sur les marches de l’Hôtel de Ville. La monarchie vient de perdre son défenseur. Sa déchéance n’est plus qu’une question d’heures.

Aux Tuileries, Roederer, le procureur syndic, informe chaque heure au roi la progression des émeutiers et propose que la famille royale se réfugie à l’Assemblée Nationale. Mais la Reine refuse : « Mais, Monsieur, il y a des forces, il est temps enfin de savoir qui l’emportera du Roi, de la Constitution ou de la faction. ». Au petit matin du 10 août, Marie-Antoinette pousse le Roi à passer les troupes en revue. Mais Louis XVI n’a pas l’âme d’un chef guerrier, il reçoit plus de paroles insultantes que de marque de fidélités de la garde Nationale : « vive la nation » « à bas le gros cochon », seuls les suisses lui témoignent de la fidélité.

Dépité, Louis XVI regagne le château. Roederer pousse à nouveau Louis XVI de se mettre sous la protection de l’Assemblée :

- Mais, réplique Louis, je n'ai pas vu beaucoup de monde au Carrousel.
- Sire, il y a douze pièces de canon, et il arrive un monde immense des faubourgs.
La reine refuse de s’abandonner.
- Mais, monsieur, répète-t-elle, nous avons des forces.
- Madame, tout Paris marche...

Et Roederer se fait de plus en plus pressant en faisant savoir que toute résistance est inutile, après quelques hésitations, Louis XVI décide :

-Allons, il n'y a plus rien à faire ici... Marchons.

Mais il oublie de donner des consignes aux suisses d’arrêter le combat, ceux-là seront massacrés. Pendant ce temps, les chefs des insurgés se cachent : Robespierre s’est caché chez lui, Danton dort et Marat dans un souterrain.

L’Assemblée est envahie par les insurgés menaçants qui réclament la déchéance de Louis XVI. Vergniaud, alors prédisent de l'Assemblée, essaye plus que mal de se faire entendre. La famille royale se réfugie dans une petite pièce de logographe et assiste à sa propre déchéance. Vergniaud prononce, malgré lui, l’arrêt de la monarchie. Louis XVI et sa famille sont désormais des otages. Le 10 août est la date funeste de la royauté.

Pour info : Les bénéficiaires de cette journée sont : Danton (nommé ministre de la Justice), Robespierre et Marat sont plus que jamais populaires. Les Girondins sont accusés par les sans-culottes de tiédeur et de modérés et leur chute n'est plus qu'une question de mois..

Cordialement,
Bark


Dernière édition par Bart le Sam 22 Nov - 11:12, édité 4 fois

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LE MANIFESTE

Message  Bart le Sam 1 Oct - 10:27

Voici le contenu exacte du manifeste "arrogant et stupide " du Duc de Brunswick . Il faut dire qu' il a été rédigé à Coblentz par une bande d'écervelé, il semblerait que le comte de vaudreuil et le comte de Fersen (l'amant stupide de la reine Marie-Antoinette) y on participé . On sait que Tous deux n'ont aucune expérience politique . Confiés à de tels personnages la déclaration de menace sur une nation en pleine révolte, on peut attendre à des conséquences qui y suivent : la chute de la Monarchie. Rolling Eyes



"Déclaration de SAS le duc régnant de Brunswick-Lunebourg, commandant les armées combinées de LL.MM. L'Empereur et le roi de Prusse, adressée aux habitants de la France.

Leurs majestés l'empereur et le roi de Prusse m'ayant confié le commandement des armées combinées qu'ils ont fait rassembler sur les frontières de France, j'ai voulu annoncer aux habitants de ce royaume les motifs qui ont déterminé les mesures des deux souverains, et les intentions qui les guident.

Après avoir supprimé arbitrairement les droits et possessions des princes allemands en Alsace et en Lorraine, troublé et renversé dans l'intérieur le bon ordre et le gouvernement légitime, exercé contre la personne sacré du roi et contre son auguste famille des attentats et des violences qui se sont encore perpétués et renouvelés de jour en jour, ceux qui ont usurpé les rênes de l'administration ont enfin comblé la mesure en faisant déclarer une guerre injuste à sa majesté l'empereur, et en attaquant ses provinces situées aux Pays-Bas : quelques-unes des possessions de l'empire germanique ont été enveloppés dans cette oppression, et plusieurs autres n'ont échappé au même danger qu'en cédant aux menaces impérieuses du parti dominant et de ses émissaires.

Sa Majesté le roi de Prusse, unie avec Sa Majesté Impériale par les liens d'une alliance étroite et défensive, et membre prépondérant elle-même du corps germanique, n'a donc pu se dispenser de marcher au secours de son allié et de ses co-états ; et c'est sous ce double rapport qu'elle prend la défense de ce monarque et de l'Allemagne.

A ces grands intérêts se joint encore un but également important, et qui tient à cœur aux deux souverains, c'est de faire cesse l'anarchie dans l'intérieur de la France, d'arrêter les attaques portées au trône et à l'autel, de rétablir le pouvoir légal, de rendre au roi la sûreté et la liberté dont il est privé, et de le mettre en état d'exercer l'autorité légitime qui lui est due.

Convaincus que la partie saine de la nation française abhorre les excès d'une faction qui la subjugue, et que le plus grand nombre des habitants attend avec impatience le moment du secours pour se déclarer ouvertement contre les entreprises odieuses de leurs oppresseurs, Sa Majesté l'Empereur et Sa Majesté le Roi de Prusse les appellent et les invitent à retourner sans délai aux voies de la raison et de la justice, de l'ordre et de la paix. C'est dans ces vues que moi, soussigné, général commandant en chef des deux armées, déclare :

1° Qu'entraînés dans la guerre présente par des circonstances irrésistibles, les deux cours alliées ne se proposent d'autre but que le bonheur de la France, sans prétendre s'enrichir par des conquêtes.
2° Qu'elles n'entendent point s'immiscer dans le gouvernement intérieur de la France, mais qu'elles veulent uniquement délivrer le roi, la reine et la famille royale, de leur captivité, et procurer à sa majesté très-chrétienne la sûreté nécessaire pour qu'elle puisse faire sans danger, sans obstacle, les convocations qu'elle jugera à propos, et travailler à assurer le bonheur de ses sujets, suivant ses promesses et autant qu'il dépendra d'elle.
3° Que les armées combinées protégeront les villes, bourgs et villages, et les personnes et les biens de tous ceux qui se soumettront au roi, et qu'elles concourront au rétablissement instantané de l'ordre et de la police dans toute la France.
4° que les gardes nationales sont sommées de veiller provisoirement à la tranquillité des villes et des campagnes, à la sûreté des personnes et des biens de tous les Français, jusqu'à l'arrivée des troupes de leurs majestés impériale et royale ou jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, sous peine d'en être personnellement responsables ; qu'au contraire, ceux des gardes nationaux qui auront combattu contre les troupes des deux cours alliées et qui seront pris les armes à la main, seront traités en ennemis, et punis comme rebelles à leur roi et comme perturbateurs du repos public.
5° que les généraux, officiers, bas-officiers et soldats des troupes de ligne française sont également sommés de revenir à leur ancienne fidélité, et de se soumettre sur-le-champ au roi leur légitime souverain.
6° que les membres des départements, des districts et des municipalités seront également responsables, sur leur tête et sur leurs biens, de tous les délits, incendies, assassinats, pillages et voies de fait qu'ils laisseront commettre ou qu'ils ne se seront pas notoirement efforcés d'empêcher dans leur territoire ; qu'ils seront également tenus de continuer provisoirement leurs fonctions jusqu'à ce que sa majesté très-chrétienne, remis en pleine liberté, y ait pourvu ultérieurement, ou qu'il en ait été autrement ordonné en son nom dans l'intervalle.
7° que les habitants des villes, bourgs et villages qui oseraient se défendre contre les troupes de leurs majestés impériale et royale, et tirer sur elles soit en rase campagne, soit par les fenêtres, portes et ouvertures de leurs maisons, seront punis sur-le-champ suivant la rigueur du droit de la guerre, et leurs maisons démolies ou brûlées. Tous les habitants au contraire, desdites villes, bourgs et villages qui s'empresseront de se soumettre à leur roi, en ouvrant leurs portes aux troupes de leurs majestés, seront à l'instant sous leur sauvegarde immédiate...
8° La ville de Paris et tous ses habitants sans distinction seront tenus de se soumettre sur-le-champ et sans délai au roi, de mettre ce prince en pleine et entière liberté, et de lui assurer, ainsi qu'à toutes les personnes royales, l'inviolabilité et le respect auxquels le droit de la nature et des gens oblige les sujets envers les souverains ; leurs Majestés impériale et royale rendant personnellement responsables de tous les événements, sur leur tête, pour être jugés militairement, sans espoir de pardon, tous les membres de l'Assemblée nationale, du département, du district, de la municipalité et de la garde nationale de Paris, les juges de paix et tous autres qu'il appartiendra, déclarant en outre, leursdites majestés, sur leur foi et parole d'empereur et de roi, que si le château des Tuileries est forcé ou insulté, que s'il est fait la moindre violence, le moindre outrage à leurs Majestés, le roi, la reine et la famille royale, s'il n'est pas pourvu immédiatement à leur sûreté, à leur conservation et à leur liberté, elles en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion totale, et les révoltés coupables d'attentats aux supplices qu'ils auront mérités. Leurs Majestés impériale et royale promettent au contraire aux habitants de la ville de Paris d'employer leurs bons offices auprès de sa majesté très-chrétienne pour obtenir le pardon de leurs torts et de leurs erreurs, et de prendre les mesures les plus rigoureuses pour assurer leurs personnes et leurs biens s'ils obéissent promptement et exactement à l'injonction ci-dessus.

Enfin, Leurs Majestés, ne pouvant reconnaître pour lois en France, que celles qui émaneront du roi jouissant d'une liberté parfaite, protestent d'avance contre l'authenticité de toutes les déclarations qui pourraient être faites au nom de Sa Majesté Très Chrétienne tant que sa personne sacrée, celle de la reine et de toute la famille royale ne seront pas réellement sûreté, à l'effet de quoi leurs majestés... invitent et sollicitent Sa Majesté Très-Chrétienne de désigner la ville de son royaume la plus voisine de ses frontières dans laquelle elle jugera à propos de se retirer sous une bonne et sûre escorte, afin que Sa Majesté puisse en toute sûreté appeler auprès d'elle les ministres et les conseillers qu'il lui plaira de désigner, faire telles convocations qui lui paraîtront convenables, pourvoir au rétablissement de bon ordre...

Par ces raisons, je requiers et exhorte tous les habitants du royaume, de la manière la plus forte et la plus instante, de ne pas s'opposer à la marche et aux opérations des troupes que je commande, mais de leur accorder plutôt partout une libre entrée et toute bonne volonté, aide et assistance que les circonstances pourront exiger.

Donné au quartier-général de Coblentz, le 25 juillet 1792.
Signé, Charles-Guillaume-Ferdinand, duc de Brunswick-Lunebourg. "

Cordialement,
Bart sunny

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Re: LE MANIFESTE

Message  François le Mar 4 Oct - 15:46

Bart a écrit:Voici le contenu exacte du manifeste "arrogant et stupide " du Duc de Brunswick . Il faut dire qu' il a été rédigé à Coblentz par une bande d'écervelé, il semblerait que le comte de vaudreuil et le comte de Fersen (l'amant stupide de la reine Marie-Antoinette) y on participé . On sait que Tous deux n'ont aucune expérience politique . Confiés à de tels personnages la déclaration de menace sur une nation en pleine révolte, on peut attendre à des conséquences qui y suivent : la chute de la Monarchie. Rolling Eyes

Bien dit Bart, ce sont des bandes d'ecervelé ces émigrés, il croyait que leur menace à la croque mitaine va faire reculer la Révolution et c'est leur propre echec qui a été précipité ..qui séme le vent récolte la tempête. Louis XVI n'est qu'un idiot qui se repose sur des courtisans et des incompétents pour régler la politique de son pays... Evil or Very Mad et Marie-Antoinette , une stupide reine à la paillette, qui n'a jamais rien compris et vit dans un luxe insultant dans son palais utopique de Versailles... ils ont bien mérité leur sort... Heureusement que les Girondins l'ont mis bas ces têtes couronnées ... pirat . Nos amis les Girondins ont été les premiers à briser l'édifice de la monarchie absolue, sans leur intervention, La République ne verrait jamais jour, il faut rendre hommage à leur action... Sad . Il est important de rappeler qu'ils ont été les fondateurs de la République en France.. Cool

Vive les Girondins,
amicalement,
François


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lOUIS xvi

Message  Bart le Mar 4 Oct - 18:00

Salut François,

Concernant louis XVI Je dirais que les biographies sur louis XVI restent assez contradictoires, Selon le côté où elles se situent, certains historiens font son panégyrique et d’autres le calomnient : l’image du roi est représentée tantôt en roi martyr, tantôt en tyran ou en roi faible.
Elevé dans un milieu dévot, Louis XVI est très croyant, élève studieux, il se passionne pour la géographie (il soutiendra Lapérousse dans son expédition autour du monde), les langues étrangères (il peut traduire en anglais un livre de Tacite), les sciences naturelles, la serrurerie et la chasse. Caractère hésitant et timide, il passe sa jeunesse dans l’indifférence de sa famille se contentant de peu contrairement à ses deux frères. Conscient dés l’âge de 11 ans qu’il sera appelé un jour à gouverner son pays.

Malheureusement cet homme moyen a été très tôt jugé par l’opinion publique. On lui attribue souvent une image du Roi balourd, paresseux, gourmand, incapable, faible et naïf cédant à une épouse dévergondée gaspillant les fonds de l’état pour ses divertissements somptuaires. Cette légende noire a commencé dés son mariage : pendant 7 ans, Louis XVI n’arrive pas à consommer son mariage, de ce fait il sera l’objet de raillerie de la Cour, des Cours étrangères et des libellistes. Il devient alors la proie de l’opinion publique qui le peint en quelque sorte comme un incapable, cette image va le poursuivre jusqu’à sa mort. Mais ce n’est pas de sa faute, cet homme n’est pas porté sur l’amour contrairement à ses prédécesseurs qui possèdent un harem de maîtresses. Plus tard, vient l’Affaire du Collier qui va renforcer cette image, il devient la cible de l’opinion publique qui lui reproche de céder aux caprices exagérées et coûteuses de la reine pendant que le peuple vit dans la disette. Alors que tout le monde sait que dans cette affaire du collier, la reine est innocente !

Dans le début de son règne, Louis XVI a été très populaire, le peuple attendait un grand changement et voyait en lui un monarque moderne qui apportera une nouvelle ère. Effectivement, Turgot donnera pendant deux ans cet espoir tant attendu. Louis XVI veut le bonheur de son peuple et conscient qu’une réforme s’impose. Mais dans son habitude coutumière, hésitant, il abandonnera ce ministre réformateur à la calomnie de la cour et de la reine, et fera de même pour les autres ministres qui succéderont à Turgot, Necker sera également livré à la cabale de l’aristocratie. Le problème chez Louis XVI, c’est qu’il sait pertinemment que les réformes sont nécessaires pour le royaume mais une fois celles-ci engageaient, Louis XVi tergiversent et ne va pas au bout du projet. Cette hésitation et ce frein feront son malheur car plus tard quand la Révolution vient, il applique la même procédure jusqu’à l’échafaud !

La Révolution est inévitable, La société française au XVIIIème siècle est en pleine mutation. Economiquement, la France est prospère, on ne peut dire le contraire, mais il y a un déséquilibre dans le système, on assiste d’un côté aux privilèges accordées exclusivement aux deux ordres (la noblesse et le clergé) qui ne paient pas d’impôt et de l’autre côté le tiers état (la société agricole et la bourgeoisie) qui paient pour les deux premiers. Les paysans sont écrasés par les impôts et les mauvaises récoltent dû au mauvais temps des durs hivers aggravent la situation. La bourgeoisie riche et intellectuelle ne consent plus à nourrir la noblesse et le clergé, elle veut participer au projet du gouvernement et veut imposer ses idées, qu’elle a puisé dans les écrits des écrivains éclairés comme Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Raynal etc.. Dans cette crise, il fallait un roi ferme et décideur pour concilier les trois ordres, Louis XVI n’a pas ces qualités. Le tiers état réclame le changement, loin de vouloir dépecer la monarchie, elle demande juste un « avenant » au contrat de la monarchie absolue, c'est-à-dire une distribution équitable de la richesse du pays et la suppression des privilèges. Ce qui est à mon sens tout à fait légitime, il faut comprendre le peuple, il souffre de cet état. Louis XVI ne comprend pas ou de moins refuse de comprendre, il sait pertinemment qu’il faut un changement, mais persiste sur son statut de monarque absolu et se laisse entraîner par la cour de la Reine qui refuse de faire des concessions. Très dévôt Louis XVI craint qu’on porte atteinte à l’Eglise. Lorsque le vent de la Révolution arrive, il est trop tard, mais il était encore temps pour Louis XVI de reconquérir son pouvoir, mais il hésite encore, il prend la fuite dans le dessein de récupérer son trône avec toutes les erreurs du passé, un retour pur et simple de la monarchie absolue. Ce caractère indécis va le précipiter dans le malheur, la fuite lui fait perdre la confiance du peuple qui le considère dés lors comme un traître, mais il garde tout de même son trône. Dés lors il ne travaille pas pour conquérir l’estime du peuple mais pour la contre-révolution, il accepte la constitution à contre-cœur pour gagner du temps, espérant un changement qui le remettre sur son trône à la louis-quatorzienne.

Pour moi, Louis XVI a contribué à son propre malheur, hésitant souvent, il n’est pas fait pour incarner le Roi idéal dans une période aussi mouvementée. Il est totalement déconnecté de la réalité, il vit à Versailles dans un Palais luxueux à Versailles, il voit pas qu’autour de lui le monde a évolué, le peuple s’est instruit, raisonne et veut s’exprimer.... c'est lui-même qui a précipité sa propre ruine.... en rejetant la monarchie constitutionnelle il a fait le profit de la Nouvelle République ..... ce n'est ni un idiot ni un tyran mais un homme à qui on a donné le sceptre pour gourverner un pays et qui se positionne avec des idées d'un pére de famille qui veut préserver les profits pour son épouse et de ses enfants ... tu crois pas ?

Cordialement,
Bart

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Re: Le 10 août 1792 : la Chute de la Monarchie.

Message  Crie du peuple le Dim 13 Mai - 16:56

C'est la date par excellence où les révolutionnaires marchaient coude à coude.
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Re: Le 10 août 1792 : la Chute de la Monarchie.

Message  Crie du peuple le Ven 24 Mai - 14:58

Mais cette présentation me laisse un peu pantois.

Le 10 août se peuple ne s'est il pas levé justement parce que le roi et la reine prévoyaient un massacre sans précédent pour reprendre le pouvoir.

Je rappelle que les soldats égorgeurs du peuple étaient jusque dans le châteaux, n'est ce pas plutôt la révolution qui a pris le couple royale de vitesse.

Et de très peu; le 9 Marie-Antoinette tend un pistolet à son époux pour qu'il aille diriger ses soudards pour massacrer le peuple mais il refuse par lâcheté, finalement le massacre et reporté au lendemain et le peuple se révolte dans la nuit.

Une petite réflexion un couple similaire est celui du royaume de Naples à l'époque, Ferdinand IV et Marie-Caroline soeur de Marie-Antoinette. Plus ou moins le même portrait, un mari faible et dévot et une épouse dominatrice et débauchée. Quand Naples se révoltera le couple royale s'enfuira en Sicile, mais il reviendra à Naples et promit une amnistie. Mais les têtes couronnés accordent peut de valeur au serment, (Louis XVI n'a pas hésité à se parjurer) et il s'ensuivit des massacres infernaux presque génocidaire et pendant des années jusqu'à ce que Napoléon libère le pays on coupait des têtes tous les jours en nombres, des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards bref une horreur.

Ce qui peut je pense amener à une réflexion; si Louis XVI et Marie-Antoinette n'avaient pas étés guillotinés que se serait il passé. Puisque je suis sur un forum girondin je pose la question sur un sujet de désaccord la plupart des girondins étaient contre la peine de mort pour Marie-Antoinette, la plupart étaient pour l'exil, mais qu'elle en aurait été les conséquences, n'est elle pas l'âme à cette époque de la contre-révolution, certes elle n'avait pas de responsabilité juridique du pouvoir mais elle en était en vérité plus détentrice que son époux, ne fallait il pas penser avant tout à la sécurité de la nation avec tout les citoyens qui la compose?
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