Le 8 novembre 1793 : l'exécution de Manon Roland

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Le 8 novembre 1793 : l'exécution de Manon Roland

Message  Bart le Mar 8 Nov - 21:57

Manon Roland a été guillotinée le 8 novembre 1793. Son courage ne laisse personne indifférent. Elle gardait un sang froid et une harmonie tout au long de l'échafaud, de tel que même à cet instant elle a réussi à donner un peu de réconfort à un homme qui va aussi être condamné avec elle. Cet homme qui tremble de tout son membre, trouve un peu de réconfort grâce aux paroles de Manon.

Arrivés au pied de l’échafaud, le bourreau voulait éxécuter en premier Madame Roland, mais elle voyait que son compagnon est pétrifié, elle l’engage à passer devant elle pour éviter le choc de la voir mourir, le bourreau refuse, elle lui dit : « Un français peut-il refuser à une femme sa dernière requête ? Je saurais attendre. ». Quand vient son tour, avant de basculer sur la plate-forme, elle apostrophe la statue de la liberté, dressée en face de la guillotine, est dit la phrase devenue célèbre « Ô liberté ! Que de crimes on commet en ton nom. ». Madame Roland avait 39 ans...elle laisse sa fille unique Eudora seule au monde car M. Roland, apprenant la mort de sa femme, s'est donné la mort dans un champs..... 😢

Benh alors les mecs, j'ai pensé que vous allez faire quelque hommage pour commémorer la date de la mort de Manon !!!!Vous me décevez.... Evil or Very Mad


Dernière édition par Bart le Sam 22 Nov - 11:14, édité 1 fois

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manon

Message  François le Mar 8 Nov - 22:01

Mais je pensais te laisser en premier l'honneur d'introduire l'hommage à ton idole. J'ai déjà fait pour les 21 Girondins Cool .
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Re: Le 8 novembre 1793 : l'exécution de Manon Roland

Message  Bart le Ven 18 Nov - 16:44

Derniers moments de Mme Roland

Riouffe et Beugnot, qui ont vu Mme Roland à la Conciergerie, et l’ont jugée dans une disposition d’esprit fort différente, ont gardé une impression également vive et forte de ses adieux à la prison :

« Elle attendait à la grille, dit Beugnot, qu’on vînt l’appeler. Elle était vêtue avec une sorte de recherche; elle avait une anglaise de mousseline blanche, garnie de blonde et rattachée avec une ceinture de velours noir. Sa coiffure était soignée; elle portait un bonnet-chapeau d’une élégante simplicité, et ses beaux cheveux flottaient sur ses épaules. Sa figure me parut plus animée qu’à l’ordinaire, ses couleurs étaient ravissantes, et elle avait le sourire sur les lèvres. D’une main, elle soutenait la queue de sa robe, et elle avait abandonné l’autre à une foule de femmes qui se pressaient pour la baiser. Celles qui étaient mieux instruites du sort qui l’attendait sanglotaient autour d’elle et la recommandaient en tout cas à la Providence. Rien ne peut rendre ce tableau; il faut l’avoir vu. Mme Roland répondait à toutes avec une affectueuse bonté; elle ne leur promettait pas son retour, elle ne leur disait pas qu’elle allait à la mort, mais les dernières paroles qu’elle leur adressait étaient autant de recommandations touchantes. Elle les invitait à la paix, au courage, à l’espérance, à l’exercice des vertus qui conviennent au malheur. Un vieux geôlier, nommé Fontenay, dont le bon cœur avait résisté à trente ans d’exercice de son cruel métier, vint lui ouvrir la grille en pleurant. Je m’acquittai au passage de la commission de Glavière; elle me répondit en peu de mots et d’un ton ferme. Elle commençait une phrase, lorsque deux guichetiers de l’intérieur l’appelèrent pour le tribunal. A ce cri, terrible pour tout autre que pour elle, elle s’arrête et me dit en me serrant la main : « Adieu, monsieur, faisons la paix, il en est temps. » En levant les yeux sur moi, elle s’aperçut que je repoussais mes larmes, et que j’étais violemment ému; elle y parut sensible, mais n’ajouta que ces deux mots : Du courage !"

« Après sa condamnation, ajoute Riouffe, elle repassa dans le guichet avec une vitesse qui tenait de la joie. Elle indiqua, par un signe démonstratif, qu’elle était condamnée à mort. Associée à un homme que le même sort attendait, mais dont le courage n’égalait pas le sien, elle parvint à lui en donner, avec une gaieté si douce et si vraie, qu’elle fit naître le sourire sur ses lèvres à plusieurs reprises. »

Riouffe n’avait pu rapporter que par ouï dire ce qui se passa quand elle eut franchi le seuil de la prison. Mais d’autres en parlent en témoins oculaires.

Une circonstance bien imprévue, dit Tissot dans son « Histoire de la Révolution », surtout bien indépendante de ma volonté, fit passer sous mes yeux cette femme extraordinaire près du Pont-Neuf, sur le chemin de l’échafaud. Debout et calme dans la charrette, elle était vêtue d’une étoffe blanche parsemée de bouquets de couleur rose. Aucune altération apparente en elle. Ses yeux lançaient de vifs éclairs, son teint brillait de fraîcheur et d’éclat; un sourire plein de charme errait sur ses lèvres ; cependant elle était sérieuse et ne jouait pas avec la mort. Près d’elle on voyait le malheureux Lamarche, tellement abattu par la terreur que sa tête semblait tomber à chaque cahot de la voiture. L’héroïne relevait, par son courage, la faiblesse de cet infortuné qui n’était plus un homme. Quelquefois elle poussait son pouvoir sur elle-même jusqu’à trouver des mots empreints d’une gaieté spirituelle et douce qui arrachaient un sourire à son trop faible compagnon. Je ne sais ce qui me fit illusion en ce moment, mais le cortège, le bourreau et ses valets disparurent à mes regards toute mon attention se concentra sur la victime, et, à la voir, je ne pouvais comprendre qu’elle allât à la mort.".

"Comme on la traînait au lieu du supplice, ajoute un autre auteur, la foule, émue de pitié ou saisie d’admiration, gardait un morne et profond silence. Cependant de loin en loin, quelques-uns de ces scélérats, gagés pour insulter au malheur, criaient : A la guillotine à la guillotine !

[i]Avec sa douceur mêlée de fierté, la citoyenne Roland répondait : J’y vais. Elle devait être exécutée la première. Elle eut pitié de la faiblesse de son compagnon. Allez le premier, dit-elle, que je vous épargne au moins la douleur de voir couler mon sang ! Et comme le bourreau hésitait, ses instructions étant contraires : Pourriez-vous, lui dit-elle, refuser à une femme sa dernière requête ? Et l’exécuteur obéit.


C’est alors que de l’échafaud regardant cette statue en plâtre de la Liberté érigée, à l’occasion de la fête du 10 août, sur le piédestal de la royauté déchue, et demeurée là comme pour présider au supplice de ceux qui avaient cru la fonder elle-même, elle dit : 0 Liberté, que de crimes en ton nom !"



L’ouvrage de Wallon s’appuie constamment sur les documents d’archives.

L’un d’entre eux nous transmet son signalement :

Sur le livre d’écrou de Sainte-Pélagie on lit :

Ordre du comité de sûreté générale et de surveillance de la Convention nationale,

Le 25 juin 1793,

Marie-Jeanne Philipon (c’est Phlipon que son nom doit s’écrire ; c’est ainsi qu’elle l’écrit) femme Roland, ex-ministre, âgée de 39 ans, native de Paris, demeurant rue de la Harpe, °51,

Taille de cinq pieds, cheveux et sourcils châtain foncé, yeux bruns, nez moyen, bouche ordinaire, visage ovale, menton rond, front large

Motif de l’écrou : Comme femme suspecte, aux termes de la loi

Renvoi page 88 : Le dit ordre motivé d’après la lettre trouvée chez l’ex-ministre Roland, la fuite se son mari, la suspicion de la complicité avec lui et la notoriété de ses liaisons avec des conspirateurs contre la liberté, et la clameur qui s’élève contre elle.

*

Toujours dans Wallon, on comprend d’où provient cette clameur :

Dans le numéro 248 du Père-Duchesne, rédigé par Hébert, on peut lire :

La grande visite du Père Duchesne à la citoyenne Roland dans la prison de l’Abbaye, pour lui tirer les vers du nez et connaître tous les projets des envieux de la République. Son entretien avec cette vieille édentée qui s’est déboutonnée au vis-à-vis de lui et qui lui a découvert le pot aux roses au sujet de la contre-révolution que les Brissotins, les Girondins, les Buzotins, les Pétionistes mitonnaient d’accord avec les brigands de la Vendée et surtout avec le quibus de l’Angleterre.


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