2 juin 1793 : la Chute de la Gironde

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2 juin 1793 : la Chute de la Gironde

Message  François le Dim 15 Oct - 12:14

Le 17 février 1793 sur ordre de la Convention, Dumouriez débute l'invasion de la Hollande depuis ses bases en Belgique. A peine l'invasion est-elle commencée qu'il est forcé de rétrograder car les Autrichiens attaquent la Belgique. L'un de ces lieutenants, le général Miranda, qui assiège Maëstricht lève précipitamment le siège le 3 mars et se replie sur Liège qu'il ne peut conserver face à l'avancée des Autrichiens. Dumouriez est rappelé de toute urgence sur Bruxelles le 8 mars.
Le 12 mars 1793, furieux contre la politique de la Convention il envoie à l'assemblée une violente lettre de réprimande. Le coup est terrible pour ces amis Girondins. La Convention lui missionne de nouveau Danton et Delacroix pour tenter de le raisonner. Dumouriez cherche à tout prix une victoire dans l'idée de marcher ensuite sur Paris, auréolé de gloire, à la tête de son armée. Il trouve finalement une défaite à Neerwinden le 18 mars 1793 face aux Autrichiens.
Désespéré, il tente de retourner son armée contre Paris et négocie un armistice avec les Autrichiens. Il livre à l'ennemi les commissaires de la Convention venus l'interroger ainsi que le ministre Beurnonville. Son armée refuse de le suivre et le 3 avril 1793, il passe aux Autrichiens avec onze généraux et le duc de Chartres fils de Philippe-Egalité.

Sur le plan militaire la défection de Dumouriez menaçait directement la domination française sur la Belgique. Sur le plan politique, cette trahison ruinait la Gironde, bien que celle-ci ait pris ses distances avec le général félon, et la livrait à la Montagne. La Gironde ripostait en précisant que Dumouriez avait fui avec le fils de Philippe-Egalité.

Le 21 février 1793, un rapport de Dubois-Crancé permettait le vote de la loi qui établissait la nouvelle organisation des régiments, ceux-ci prenaient désormais le nom de demi-brigade et seraient constitués de deux bataillons de volontaires (les bleus) et d'un bataillon de l'ancienne armée royale (les blancs). Le 24 février 1793, pour faire face à la coalition, Danton faisait voter une levée de 300.000 hommes et l'émission de 3 milliards d'assignats. Tous les hommes valides de 18 à 40 ans étaient réquisitionnés. Le 9 mars des représentants sont envoyés en mission dans les différents départements pour accélérer cette levée de 300.000 hommes

Malgré une bonne récolte 1792, le prix du blé ne cessait d'augmenter. Trois raisons à cette hausse:

Les paysans préféraient stocker et garder leur blé plutôt que de l'échanger contre des assignats qui ne cessaient de baisser.
La terre devenait chère
Le coût de la main d'œuvre augmentait avec la rareté des hommes due aux différentes levées militaires.
La Convention devait-elle réagir en fixant un coût maximum du blé et en interdisant le stockage des grains comme le demandaient de multiples délégations de citoyens à la barre de l'assemblée ou devait-elle laisser faire selon le souhait des Girondins ?. Certaines municipalités (Paris, Lyon ou Marseille) achetaient des grains et revendaient à perte le grain et du pain à l'ancien tarif mécontentant par ce geste les boulangers et les vendeurs de grains. La pénurie de pain entraîne fin février (24 et 25 février) de violentes scènes de pillage à Paris. On voit à cette période apparaître dans le peuple la faction des enragés (Jacques Roux) partisan d'un maximum des prix et dénonciatrice des accapareurs et des spéculateurs.
Les Girondins accusent Marat d'encouragement au pillage, mais leur influence est en pleine chute. A l'Assemblée, le Marais ne suit plus la Gironde et l'influence des chefs Girondins au nouveau Comité de Salut Public est quasi nulle. La Gironde avait perdu sa dernière chance, lorsque le 1 avril elle avait maladroitement attaqué Danton, l'homme fort du moment, alors que celui-ci cherchait justement un rapprochement avec elle. Les Girondins n'avaient, par ce geste, réussis qu'à ressouder entre eux le triumvirat des Montagnards Danton, Robespierre et Marat.

Les attaques Girondines

Avril et mai 1793 voient s'affronter à la barre de la Convention Girondins et Montagnards. Marat sera accusé le 13 avril 1793 par les Girondins puis acquitté dans un délire de popularité le 24 avril 1793 sous la pression de la Commune.

Au niveau économique, la rue arrache un ensemble de décrets fixant le maximum des prix ainsi que les peines encourues par les accapareurs et les profiteurs du marché du blé. Ces décrets sont votés contre l'avis de la Gironde le 4 mai 1793. Le 19 mai 1793 un pamphlet de Desmoulins accuse, sans preuve aucune, Brissot et les Girondins de collusion avec l'ennemi et de préparer la restauration de la royauté. Brissot riposte en demandant la fermeture du club des Jacobins et la révocation de la Commune de Paris. Déjà le 18 mai Guadet avait proposé un décret prévoyant la cassation des autorités parisiennes et le déplacement à Bourges des députés suppléants. Le montagnard Barère propose la nomination d'une commission de sécurité composée de 12 membres et chargée de prendre les mesures nécessaires à la tranquillité publiques. Seuls des Girondins et des modérés sont élus dans cette commission qui ordonne le 24 mai 1793 l'arrestation d'Hébert, l'homme fort de la Commune. Une manifestation de la rue aboutit le 27 mai à la suppression de la commission d'enquête et à la libération d'Hébert. Le lendemain les Girondins reviennent en force, font casser les décrets de la veille et rétablissent la commission par 279 voix contre 238.

Le soulèvement de la Commune

La Commune de Paris ne peut rester sur cet échec et, le 31 mai 1793, les sections de Paris ayant monté un comité insurrectionnel de la Commune tentent un coup de force contre la Convention. Le bras armé de l'insurrection ait donné à Hanriot. C'est un homme lié aux Hébertistes qui a participé activement aux journées insurrectionnelles du 10 août 1792 et aux massacres de Septembre. Le Comité insurrectionnel demande entre autres la mise en accusation des membres de la commission des douze, l'accusation de 22 députés Girondins et l'arrestation des ministres Clavière et Lebrun.
Malgré la pression de la rue la Convention ne cède pas mais se résigne tout de même à casser la Commission des douze. Les sections de Paris ne peuvent en rester là et le 1 juin au soir Marat fait sonner le tocsin et appelle à l'insurrection. A l'aube du 2 juin 1793, les bataillons d'Hanriot prennent place autour des Tuileries et ses canons sont braqués sur le château. Les députés sont alors prisonniers et ne pourront sortir qu'après avoir signé les décrets que demande la rue.
Le président de la Convention Hérault de Séchelles tente vainement de négocier avec Hanriot. D'un coté Hérault suivi des députés et demandant poliment "Que veut le Peuple ? La Convention ne veut que son bonheur" de l'autre Hanriot qui pour toute réponse claironne "Le peuple ne s'est pas levé pour entendre des phrases; il veut qu'on lui livre 24 coupables" puis comme certains députés crièrent "Qu'on nous livre tous !" il se retourne vers ses hommes et commande "Canonniers à vos pièces !".
Confus, honteux et bafoués les députés ne peuvent que regagner l'Assemblée sous les railleries des troupes criant "Vive la Montagne ! A la guillotine les Girondins". Après quelques hésitations la Convention se résigna à voter le décret d'arrestation de 29 de ses membres dont 10 de la Commission et des deux ministres Clavière et Lebrun.
Parmi ces 29 hommes livrés, tous avaient participés et fait avancer la Révolution ces trois dernières années Lanjuinais, Rabaud, Vergniaud, Gensonné, Guadet, Isnard, Brissot ou Pétion.
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Re: 2 juin 1793 : la Chute de la Gironde

Message  François le Dim 15 Oct - 12:19

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Re: 2 juin 1793 : la Chute de la Gironde

Message  François le Dim 15 Oct - 12:20

que pensez-vous de cette source ?

Vos avis SVP ?
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Re: 2 juin 1793 : la Chute de la Gironde

Message  Louis le Dim 15 Oct - 12:30

benh, moi je suis pratiquement d'accord avec cette source sauf sur la soi-disante tentation de réconciliation de Danton refusé par les Girondins....c'est à prouver !!!! Evil or Very Mad
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Re: 2 juin 1793 : la Chute de la Gironde

Message  François le Mar 17 Oct - 10:43

oui, je suis de ton avis, voir le sujet sur "Danton" dans le topic Forum.

Je me demande qu'en pense Bart sur ça, elle qui trouve toujours des circonstances atténuantes au tribun, ce démagogue, ce mirabeau de la canaille !!! Suspect
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Re: 2 juin 1793 : la Chute de la Gironde

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