Cinq grandes colères du Pere Duchesne

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Cinq grandes colères du Pere Duchesne

Message  Bart le Mer 22 Avr - 17:42

Je le mets ici parce que je ne sais pas où les mettre les pamphlets d'Hébert !!!! mais je reconnais que c'est navrant de les placer dans la même rubrique que les Discours éloquents des Girondins !! Neutral

Cinq grandes colères du Père Duchesne


1. "Il est temps de renverser une bonne fois la marmite des gens de lois." (...) I1 n'y a pas de mauvais coups sur la bête puante, foutre ; c'est donc pain béni de dauber sans cesse les aristocrates et les calotins ; mais il est une autre vermine aussi dangereuse et dont on ne parle que par ricochet; c'est la robinaille. Depuis le déluge jusqu'à la prise de la Bastille, les litanies de la Sans-Culotterie de tous les pays, étaient: Délivrez-nous, mon Dieu, des griffes des hommes de loi. Cette espèce vorace a plus fait de mal aux hommes que la peste, la guerre et la famine; car tous ces fléaux ne sont que passagers. (...) Avec de la patience et du courage, les pauvres humains surmontent l'infortune et viennent à bout de tout ; mais se peut-il, foutre, qu'après avoir détruit les nobles, les prêtres et les rois, ils ne puissent se délivrer des sangsues de la chicane ?

La constitution républicaine, en rendant tous les Français égaux, a détruit pour jamais le règne du plus fort ; il faut aussi que celui du plus fin finisse ; il est temps de renverser une bonne fois la marmite des gens de loi, que les imbéciles font bouillir ; il est temps que les citoyens s'entendent pour ne plus se chamailler et pour ne pas engraisser à leurs dépens des juges, des avoués, des défenseurs officieux, des huissiers, et tous leurs saute-ruisseaux. (...) Chassez ces coquins de toutes les places ; n'en souffrez pas plus que de nobles et de calotins dans les administration s; gardez-vous surtout d'en nommer jamais un seul pour votre représentant ; n'oubliez jamais que Chapelier, Barnave, Thouret et les autres jean-foutre qui ont vendu le peuple à l'assemblée constituante, étaient des avocats ; rappelez-vous sans cesse que Vergniaux, Gensonné, Brissot, Guadet, tous les crapauds du marais étaient aussi des avocats. Si vous avez la guerre avec tous les tyrans, c'est la faute des gens de loi et des beaux esprits qui ont brouillé les cartes. Si vous manquez de subsistances, après une récolte excellente, si les denrées sont au poids de l'or, n'en accusez que les hommes de loi que vous souffrez bêtement à la tête des départements et des municipalités, et qui ont mis leur tête dans un bonnet avec les accapareurs pour vous affamer. Si vous ne donnez pas le coup de grâce à la robinaille, pas plus de liberté que de beurre, foutre.
2. "Faites-moi rafle sans pitié de tous ces muscadins."

Braves Sans-Culottes, plus de faiblesses, plus de pitié pour les lâches qui vous ont abandonnés. Saisissez la balle au bond. Si vous ne portez pas le dernier coup à l'aristocratie, vous allez bientôt lui voir lever encore une fois la tête hideuse, pour vomir sur vous les poisons. Si dès le 14 juillet vous aviez fait main basse sur vos ennemis, vous seriez maintenant libres et heureux. Vous vous levez. en masse pour sauver la république, il faut que cette masse écrase les tyrans et leurs esclaves, il faut avant de vous rasseoir qu'il n'existe plus, ni aristocrates, ni royalistes, ni feuillants, ni modérés. Vous voulez tailler dans le vif et employer les grandes mesures pour vous sauver, eh bien! foutre, le père Duchesne va vous les indiquer.

Faites-moi rafle sans pitié de tous les jean-foutre, qui se sont montrés les ennemis de la révolution, non pas seulement pour les tenir en cage jusqu'à la paix, car alors qu'en feriez-vous ? en relâchant toute cette ménagerie, vous devriez vous attendre à une nouvelle guerre, tous ces coquins ne rentreraient dans la société que pour brouiller les cartes. Jamais ils ne vous pardonneraient de vous être rebiffés contre eux et de les avoir tenus un moment enchaînés. Leur rage n'aurait fait qu'augmenter, et il faudrait toujours que vous finissiez par les étouffer si vous ne vouliez être dévorés par eux. N'allons donc pas par deux chemins et marchons droit au but. Notre ennemi est là, tombons sur lui. Occupons-nous de tous les traîtres, de tous les faux patriotes, de tous les royalistes. Traitons-les comme les Anglais ont traité les loups. Qu'il n'en reste pas un seul sur le territoire de la république. Qu'ils soient tous embarqués pour le Mississipi et qu'on les envoie, à la garde du Dieu de la Vendée, fonder une nouvelle colonie à Luchine, au Japon, en Afrique, dans les grandes Indes, où on voudra enfin, pour peu que ce soit bien loin de nous ; c'est là qu'ils pourront, s'ils le veulent, se donner un roi et sacrer s'ils le veillent l'avorton du Temple. C'est là, foutre, qu'obligés de travailler pour subsister, tous ces muscadins sentiront les obligations qu'ils avaient aux Sans-Culottes qui les nourrissaient et les habillaient, ou plutôt leurs mains douillettes se refuseront au travail ; ils ne sauront pas arroser la terre de leurs sueurs pour la rendre féconde ; ils seront obligés de se manger eux-mêmes, et la nature sera vengée, foutre!

Sans-Culottes, mes amis, si vous ne vous empressez d'embarquer cette pacotille de malédiction, vous ne ferez que de l'eau toute claire. N'oubliez pas surtout les calotins qui troublent la cervelle de vos femmes et de vos filles, qui, pour l'amour de dieu, vous enrôlent dans la grande confrérie; je vous recommande cette bougre de canaille qui ne veut que plaie et bosse, qui, depuis tant de siècles, vit aux dépens des sots, qui empoisonne tout ce qu'elle approche, qui a fait périr plus d'un millier d'hommes depuis 1793 ans, et viendrait à bout de faire disparaître tout à fait l'espèce humaine de ce monceau de boue que nous habitons, si on lui laissait faire plus longtemps les tours de gibecière. Pour qu'elle n'aille pas empoisonner les autres contrées qui ont le bonheur de ne pas la connaître, foutons à fond de cale de nos plus vieux vaisseaux cette maudite engeance, et que le diable l'emporte au milieu des rochers ou au fond des mers.

Voilà, Sans-Culottes, le seul moyen d'avoir la paix.
3. "Tous les tyrans seront immolés."

Les rois sont aussi sots qu'ils sont scélérats. Non, foutre, je ne connais rien de si stupide que le monstre qui porte une couronne, si ce n'est la brute qui lui obéit, et qui rampe sous ses lois. (...)

Je gémis, foutre, de voir tant de peuples enchaînés et tant de millions d'hommes victimes des caprices et de la rage d'une poignée de brigands qu'il est si facile de détruire et qui ne valent chacun qu'un coup de poignard. Habitants du Nord, vos coeurs sont-ils donc aussi glacés que vos rochers ? Ne seront-ils jamais échauffés du feu sacré de la liberté ! Les ours de vos forêts sont moins abrutis que vous. Leur instinct leur apprend à vivre dans l'indépendance. Jamais, foutre, vous ne pouvez les dompter. Celui que vous avez pris dans vos pièges et que vous muselez, vous épouvante de ses rugissements, et quand il ne peut dévorer son maître, il l'étouffe.

Dans je ne sais quel chapitre, le premier prédicateur de la Sans Culotterie, le bon, le brave Rousseau a dit que pour être libre, il suffit de le vouloir. Pourquoi donc, foutre, tous les peuples ne sont-ils pas libres ? Tous les hommes cependant désirent de l'être. Le mot sacré de liberté est dans toutes les bouches, et presque toutes les nations languissent dans l'esclavage; il faut espérer cependant que bientôt les hommes ouvriront les yeux, et que la terre sera purgée de la peste des rois. (...)

Avant dix ans il n'y aura pas un roi, pas un souverain dans l'Europe, en vain la bande de jean-foutre, qu'on appelle comité de constitution, a-t-elle résolu de remettre encore une fois Louis le traître sur son trône, il n'y paraîtra que pour être foutu à bas sur le-champ, et faire un saut périlleux ; oui, foutre, d'un bout de la France à l'autre, tous les citoyens crient à l'unisson, plus de roi, plus de jean-foutre, on dira encore que pour un grand empire il faut un monarque. Pourquoi donc, foutre ? pour dévorer à lui seul ce produit d'un département ? pour défaire tout ce qu'on fait de bien ? pour donner aux nations l'exemple du parjure et de tous les crimes ? lion, foutre, non plus de roi, mais surtout plus de Capets, plus de Louis le traître ; pour commencer je me promets bien de revenir bientôt louer à la boule au milieu de l'Assemblée nationale avec les têtes des trois jean-foutre qui voudraient foutre tout sens dessus dessous ; ils apprendront, les bougres de forbans, qu'en comptant sans son hôte, on compte deux fois. (...)

Oui, foutre, je le prédis, et je ne serai pas un faux prophète, tous les tyrans seront immolés ; eux-mêmes ils ont filé la corde qui doit les pendre, et ils ne font plus que se battre contre la mort; leur dernière heure va sonner ; tous leurs trônes sont ébranlés, et ils vont être engloutis sous leurs débris.

4. "Non, non, foutre, point de grâce !"

(...) C'est le cardinal Savatte lui-même, le jean-foutre d'abbé Maury !

A ces mots, une grêle de coups de pieds et de coups de poing lui tombe sur la carcasse; le père Crépin redouble à coup de tire-pied. Le calotin est renversé dans la terre glaise avec laquelle je fais mes fourneaux ; sa tête y imprime et y forme un moule que j'espère prêter à Curtius pour y faire le pendant de l'homme à deux faces. Ah, ah, viédase, lui dis-je à mon tour, te voilà donc encore une fois sous ma main. Tu devrais avoir appris à ne le pas frotter au père Duchesne. Oh, tu vas encore la danser aujourd'hui. Tu ne seras pas lanterné, quoique tu l'aies bien mérité, mais, comme tu as encore une quinzaine à être inviolable, tu en seras quitte aujourd'hui pour une bonne fessée.

A ces mots, le bougre fait le capon. Pardon, dit-il, père Duchesne : non, non, foutre, point de grâce. Si toi et ta bougre de clique, tu nous tenais un jour, tu ne nous en ferais pas. Ainsi donc point de raison, ne faites pas l'enfant, M. l'abbé. Le bougre tombe à mes pieds et les mains jointes, dans la même attitude qu'on le voit à ma gravure, il me supplie de ne pas mettre au vent son postérieur. Culotte bas, lui dis-je. (...)

(...) Sur ce cours de temps, j'empoigne mon bougre par le milieu du corps ; l'un lui tient un bras, l'autre une jambe, je fais partir le haut de chausses, le gros fessier est à découvert; eh ! foutre, avec le tire-pied du père Crépin, je frappe à coups redoublés. Tiens, bougre, lui dis-je, voilà pour telle motion, voilà pour telle autre; voilà pour ton discours sur les assignats, voilà pour vingt-quatre séances que tu as fait perdre sur l'affaire d'Avignon ; chacun foutait sa claque ; grâce, s'écriait-il; nous ne lâchons prise que lorsque nos mains sont lasses de frapper; alors nous lui permettons de reboutonner, après toutes fois lui avoir fait demander pardon à la nation. Il promet, il jure tout ce que l'on veut; mais, foutre, autant en emporte le vent.

5. "Il n'est point d'armes trop cruelles."

Tonnerre de dieu, ils en auront menti, les jean-foutre! avant de leur donner le temps de commencer leur boucherie, ils seront tombés sous nos coups. Nous délivrerons l'Univers de ces scélérats qui oppriment les peuples depuis si longtemps. Nous l'avons juré, et ce serment-là ne sera pas un serment de roi : oui, nous avons juré d'aller égorger, n'importe comment, jusqu'au dernier des tyrans. Pour délivrer la terre de pareils monstres, il n'est point d'armes trop cruelles ; la perfidie est permise, elle est une vertu. Oui ce serment prêté dans plusieurs Clubs et Sociétés patriotiques, aura un effet épouvantable. Tremblez, ennemis du genre humain, tigres altérés du sang des hommes, tremblez, bougres d'anthropophages qu'on appelle rois et princes, toutes vos couronnes branlent sur vos têtes de jean-foutre, tous vos trônes vont être renversés et vos sceptres mis en salourdes pour allumer le feu de joie sur lequel on brûlera, sous peu, vos bougres de cadavres pour en jeter la poudre au vent.

En attendant je le renouvelle à la face de l'univers, le serment que j'ai prêté avec des milliers de bougres aussi déterminés que moi. Oui je le fais encore, ce serment, afin de ne pas vous prendre en traître, je jure de vous arracher le coeur, et pour réussir dans mon projet, il n'est rien que je ne tente. .Je jure de rapporter au bout d'une pique la tête de Condé, de d'Artois ou de Bouillé, n'importe laquelle, j'en aurai une si je ne les ai pas toutes les trois ; pendant ce temps nos braves conjurés s'introduiront par toutes sortes de ruses chez les autres tyrans qui veulent renverser une constitution qui doit faire le bonheur de l'univers; chacun portera un coup certain. Peut-être, foutre, quelqu'un de nous périra-t-il dans cette glorieuse entreprise ; mais mille dieu tant mieux pour lui ! et plût à dieu que ce fût le père Duchesne, après avoir frappé le dernier ennemi des hommes, le dernier roi; ah! foutre, quelle gloire! je serais bien assuré d'avoir la place d'honneur à Sainte-Geneviève.

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Vertu tu n'es qu'un nom, je te cultivais comme une réalité, et tu étais l'esclave de la Fortune - (Brutus)
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